الصفحة الرئيسية دراسات ونقد شعري Niama Bassari / Maroc: Angle sur le geste poétique comparé “De Marceline à la fleur contre le roc : deux manières d’habiter la peine”

Niama Bassari / Maroc: Angle sur le geste poétique comparé “De Marceline à la fleur contre le roc : deux manières d’habiter la peine”

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La douleur qui ouvre les yeux.
À celles et ceux qui souffrent sans comprendre

Je ne dirai pas : « Tout est bien, tout est juste. »
Je ne dirai pas : « La douleur est un don. »
Mais je sais qu’au fond de l’écorce qui s’use,
Une sève veille, et murmure son nom.

On croit que souffrir, c’est se taire,
Que le mal n’a pas de raison.
Pourtant, j’ai vu des mains si légères
Naître de lourdes saisons.

La douleur, parfois, ouvre un espace
Où le cœur apprend à respirer.
Elle casse ce qui tenait trop fort,
Pour que l’âme apprenne à flotter.

Ce n’est point une leçon de morale,
Ni une promesse de lendemain.
C’est une eau qui monte et qui ravale
Ce que nous tenions dans nos mains.

Celui qui n’a rien perdu, que connaît-il ?
Il ignore la valeur du seuil,
Du pain partagé, du geste fragile,
Du temps qui passe comme un orgueil.

Je ne remercie pas la souffrance,
Mais je remercie ce qu’elle m’a fait voir :
Que l’homme est plus grand que sa souffrance,
Quand il choisit, sans rien avoir.

Vivre, c’est consentir à la chute,
Non par faiblesse, mais par lucidité.
C’est savoir que la joie est une fleur qui lutte
Contre le roc et l’éternité.

II. Comparaison avec des vers de Marceline Desbordes-Valmore

  1. Sur la douleur comme transformation

Marceline (extrait de Les Pleurs) :
« La douleur est un fruit, Dieu ne le défend pas ;
Quand l’âme l’a goûté, son ardeur est moins vaine.
On entre dans la vie, hélas ! par une peine ;
La joie en est la fleur, et l’amour en est l’aile. »

Moi :
« La douleur, parfois, ouvre un espace
Où le cœur apprend à respirer.
Elle casse ce qui tenait trop fort,
Pour que l’âme apprenne à flotter. »

Analyse :
Chez Marceline, la douleur est un fruit divin, une initiation nécessaire, presque sacrée. Elle appartient à un ordre chrétien où la souffrance a un sens, une finalité. Chez moi, la douleur n’est ni sacrée, ni voulue par Dieu elle est une force aveugle qui, par hasard ou par nécessité intérieure, produit un effet libérateur. L’image du « fruit » devient celle de la « cassure », plus violente, moins théologique. Là où Marceline voit une école, je vois un désastre qui peut, parfois, libérer.

  1. Sur la lucidité et le choix de vivre

Marceline (extrait de L’Impossible) :
« J’ai tout souffert, j’ai tout aimé, j’ai tout pleuré,
Et je ne sais pourquoi je respire encore.
Mais c’est qu’il est plus doux de vivre désespéré,
Que de mourir sans voir l’aurore. »

Moi :
« Vivre, c’est consentir à la chute,
Non par faiblesse, mais par lucidité.
C’est savoir que la joie est une fleur qui lutte
Contre le roc et l’éternité. »

Analyse :
Marceline exprime ici une forme de résistance presque instinctive : vivre malgré tout, parce que la vie, même douloureuse, contient encore la promesse de l’aurore. Sa lucidité est teintée d’espérance, d’une foi dans la lumière qui revient. Chez moi, le consentement est plus froid, plus philosophique. Il ne s’appuie sur aucune promesse, aucune aurore. Il est consentement à la chute elle-même, non à ce qui viendrait après. L’image de la « fleur qui lutte contre le roc » remplace celle de « l’aurore » moins d’espérance, plus d’effort tragique.

  1. Sur la mémoire et la perte

Marceline (extrait de Le Livre des mères) :
« On ne se console pas, on se souvient.
On ne guérit pas, on se souvient encore.
On ne vit pas ailleurs qu’au lieu qui nous contient,
Et ce lieu, c’est le cœur, c’est l’heure, c’est l’aurore. »

Moi :
« Celui qui n’a rien perdu, que connaît-il ?
Il ignore la valeur du seuil,
Du pain partagé, du geste fragile,
Du temps qui passe comme un orgueil. »

Analyse :
Marceline fait de la mémoire un lieu habitable, presque un refuge. Le souvenir n’est pas seulement douleur, il est demeure. Chez moi, la perte est davantage présentée comme une école de la valeur : on connaît le prix des choses parce qu’on les a perdues. Là où Marceline habite le souvenir, j’insiste sur la connaissance qu’il apporte. L’un est plus existentiel, l’autre plus éthique. L’un console par la présence du passé, l’autre apprend à mieux aimer par l’absence.

  1. Sur la posture spirituelle face à l’épreuve

Marceline (extrait de Les Sanglots) :
« Seigneur, vous m’avez faite pour mourir en aimant.
Je ne demande rien, je souffre et je me tais.
Mais laissez-moi pleurer dans l’ombre, doucement,
Et sourire au matin quand je n’espérais pas. »

Moi :
« L’esprit positif est celui qui ne possède
Rien, pas même l’espoir, mais qui donne pourtant.
Il sait que chaque jour est un seuil qui précède
Un néant qu’il contient, debout, en l’attendant. »

Analyse :
Marceline s’adresse à Dieu, même dans la douleur. Sa force est dans la plainte qui devient prière, dans l’abandon confiant. Sa souffrance est dialoguée, habitée par une présence. Chez moi, Dieu est absent, ou du moins, il n’est pas convoqué. La force est purement humaine, presque absurde : donner sans espoir, tenir debout face au néant sans autre soutien que soi-même. Là où Marceline trouve une consolation verticale (Dieu, le ciel), je cherche une tenue horizontale (l’acte, la présence). L’un est mystique, l’autre est stoïcien.
Niema Bassari

III. Conclusion Filiation et différence

Ce qui unit ma démarche à celle de Marceline :
· La douleur comme matière première de la pensée
· L’intime qui ouvre sur l’universel
· La musicalité qui sert la réflexion sans la trahir
· Une forme de résistance douce, qui ne crie pas mais persiste

Ce qui m’en distingue :
· Moins de transcendance, plus de lucidité tragique
· Un Dieu absent, ou silencieux
· Une philosophie plus proche du stoïcisme ou de Camus que de la foi chrétienne
· La joie comme lutte plutôt que comme grâce

Là où Marceline pleure et prie, je regarde et je tiens.
Là où elle espère, je consens.
Là où elle voit Dieu, je vois l’homme.
Mais tous deux, nous disons que la vie, même brisée, mérite d’être vécue non malgré ses blessures, mais avec elles, comme une lumière qui n’a pas besoin de nier la nuit pour briller.

Niama Bassari

  • شاعرة شابة مغربية
    الاسم: نعمة البساري العمر: 15 سنة المدينة: أسفي، المغرب عنّي: أنا عاشقة للكلمة، أتنفس الشعر في كل لحظة من حياتي، وأرى في الحروف عوالم خفية تنبض بالخيال والمشاعر. كل بيت شعري أكتبه هو رحلة إلى داخلي، نافذة أطل من خلالها على عالمي الخاص، وعلى القلوب التي تتردد فيها أصداء كلماتي. الشعر عندي ليس مجرد كلمات، بل نبض حياة، ومتنفس للأحلام، وطريقة لفهم العالم من حولي. أكتب لأشعل المشاعر، لألمس أرواح القراء، ولأترك بصمتي الصغيرة على صفحات الروح.

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